
Expo : Au bonheur des bistrots de Pierrick Bourgault.
Du 20 octobre au 25 novembre 2025, découvrez à l'espace Bistrot du Vox :
L’exposition « Au bonheur des bistrots » de Pierrick Bourgault
Une sélection de photographies de cafés et bars du monde réalisées par Pierrick Bourgault. Journaliste, photographe et anthropologue mayennais, Pierrick Bourgault est l'auteur d’une quinzaine de livres sur les bistrots et cafés.
Cette exposition est proposée dans le cadre de la projection évènement de son film Au fabuleux bistrot de la Mère Lapipe en sa présence, le vendredi 24 octobre à 20h30.
Il vous racontera comment il a filmé ce long-métrage en immersion totale, « avec de l’amour et une caméra de poche », c’est à dire à budget zéro et avec un bilan carbone idéal !
Avant le film, Pierrick Bourgault a consacré deux ouvrages à cette femme et à son univers. Nous vous proposons de le rencontrer lors de la dédicace des ses livres en partenariat avec la librairie du Marais
Au sujet du livre : La Mère Lapipe dans son bistrot
Le Café du coin est le plus étonnant et le plus attachant que j’aie eu la chance de rencontrer. Un ami du Mans m’y invita en 2008 lorsque je préparais l’album Bars en France (éd. Dakota), car on ne pousse pas sa porte par hasard. Ce bistrot absent de tous les annuaires et guides, inconnu de l’Office de tourisme local semblait fermé depuis des lustres. Personne n’osait entrer dans ce qui évoquait un domicile privé – et qui l’était réellement, derrière les vitres obscurcies par les affiches de Johnny.
Pourquoi aimer les bistrots ? Car mon grand-père tenait le café mitoyen de notre maison en Mayenne, et c’était une porte ouverte sur le monde : villageois, famille, amis et inconnus s’y croisaient, s’y retrouvaient, et même les estivants, surnommés « parisiens » quelle que soit leur origine ! Les fins lanceurs exhibaient fièrement le brochet pêché dans la Mayenne, un lièvre reposait dans la musette des braconniers parmi d’autres secrets. Ils sirotaient le café-calva distillé en douce, le rhum Négrita ou l’anisette du dimanche, tout en racontant leurs histoires.
J’y ai passé mes plus jeunes années et j’adore ces atmosphères, la surprise des rencontres, trouver un abri les jours de pluie ou de grand soleil, la table pour lire, travailler ou rêvasser. Le plaisir de découvrir l’univers, souvent unique, d’une tenancière qui a décoré le lieu à son image, qui lui a donné une personnalité, une âme. Après celui de mon grand-père, je pourrais raconter ma vie en décrivant plusieurs cafés – c’est le fil conducteur de mon récit L’Echo des bistrots (éd. Transboréal). En Sarthe, la Bohême, près de la forêt de Bercé ; à Paris, le Cambodge, improbable restaurant où j’ai travaillé à la plonge et filmé un documentaire ; le Magique, café-concert du 14e arrondissement, haut-lieu minuscule de la chanson francophone ; le Jazz café Montparnasse (ex Petit Journal) où, jusqu'à l’épidémie de Covid, j’organisais le « lundi chanson » hebdomadaire.
En visitant des milliers d’établissements sur les cinq continents, j’ai réalisé une quinzaine d’ouvrages sur les bistrots (textes et/ou photographies) chez différents éditeurs, mais le Café du coin de la Mère Lapipe est le plus fabuleux. Le caractère de Jeannine, les conversations : mon bonheur était de rester assis au bar à écouter les dialogues dignes de Michel Audiard, ou tout simplement émouvants, vivants témoignages de nos contemporains.
C’est pourquoi j’ai photographié, cité et décrit ce petit monde dans plusieurs livres, avant de lui consacrer un récit entier, La Mère Lapipe dans son bistrot, best-seller de la collection Une vie, une voix2 aux Ateliers Henry Dougier. À travers les mots de personnes dites « ordinaires », cet éditeur souhaite raconter l’histoire d’une société à une époque – et avec ce titre, l’évolution d’un quartier ouvrier du Mans depuis les années 1980.
Et tout s'est emballé : en présentant mon travail à France Bleu Maine en 2019, j’ai croisé des pigistes de TF13 qui proposèrent le sujet à Jean-Pierre Pernaut. M6, LCI4 , France Inter5 sont venus écouter la Mère Lapipe, qui a affolé l’audimat de Konbini avec un premier6 , puis un second7 épisode ; la belle histoire d'amour d'une patronne de bistrot avec son public dépasse 15 millions de vues (liens en bas de page).
Des étudiants du Mans ont osé pousser la porte et la génération des réseaux sociaux a rencontré Jeannine, qui regardait ses « petits jeunes » avec la tendresse d’une grand-mère bienveillante.
Un second livre est en librairie : La Mère Lapipe au Café du coin, roman graphique paru en avril 2025, avec le dessinateur Gab, aux éditions Ouest-France.

PIERRICK BOURGAULT, AUTEUR & REALISATEUR
Né en 1961 à Mayenne, il passe son enfance à Saint-Fraimbault-de-Prières. Après une formation de sciences à l’Université du Mans et un diplôme d'ingénieur en agriculture de l'Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, il obtient le DEA d’anthropologie visuelle de l'Université Paris-Sorbonne. Au Bilan du Film Ethnographique 1988, son court-métrage Le Moulin de Robert réalisé en Sarthe reçoit le prix Canal Plus des mains de Germaine Dieterlin et de Jean Rouch. Aujourd’hui, il vit entre la Mayenne et Paris, et a publié une cinquantaine de livres chez différents éditeurs, dont une bonne partie sur les Pays de la Loire et les cafés et bistrots.
Site web : www.monbar.net